Dans nos efforts chez All Welcome pour promouvoir un secteur touristique inclusif et sans discrimination, nous nous sommes penchés sur le rapport de recherche « Vous ne dormirez pas chez moi ! Tester la discrimination dans l’hébergement touristique » (2018) de Mathieu Bunel, Yannick L’Horty, Souleymane Mbaye, Loïc Du Parquet et Pascale Petit.
Cette étude, menée via une méthode de « testing » de grande ampleur, apporte un éclairage scientifique crucial sur les inégalités de traitement au sein de ce secteur.
Une méthodologie rigoureuse pour des résultats probants
Entre avril et juin 2015, les chercheurs ont testé 1 433 établissements (campings, hôtels, chambres d’hôtes) dans trois régions françaises : PACA, Bretagne et Pays de la Loire. En envoyant des demandes de réservation fictives identiques, à l'exception de caractéristiques spécifiques (origine supposée, lieu de résidence, âge, genre), l'étude a pu isoler et quantifier les mécanismes de discrimination.
Les statistiques majeures à retenir
Les résultats mettent en évidence des disparités significatives qui doivent interpeller l'ensemble des acteurs du tourisme :
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Le poids de l'origine et du lieu de résidence : Une discrimination forte est constatée à l'égard des clients dont le nom suggère une origine africaine ou qui résident dans des quartiers défavorisés (Quartiers Politique de la Ville - QPV).
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Des effets croisés accrus : Lorsqu'un candidat cumule plusieurs caractéristiques « ciblées », les pénalités s'additionnent. Par exemple, un jeune candidat suggérant une origine africaine a près de 14 points de pourcentage de chances en moins de recevoir une réponse positive comparativement à un quadragénaire d’origine française.
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Des écarts atteignant 16,5 points : Pour les jeunes résidant en QPV, la probabilité d'obtenir une réponse positive est particulièrement réduite, avec un écart de 16,5 points par rapport à un profil de référence. Concrètement, pour obtenir 10 réponses positives, un jeune résidant en quartier défavorisé doit envoyer 40 % de candidatures supplémentaires qu'un profil favorisé.
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Des différences selon le type d'établissement : Si les chambres d'hôtes apparaissent comme plus sélectives, la discrimination liée à l'origine ethnique s'exerce fortement dans les chambres d'hôtes et les campings, alors qu'elle est non significative dans les hôtels.
Vers une prise de conscience nécessaire
Cette étude démontre que si la discrimination liée au genre ou à l'âge est plus nuancée, les biais liés à l'origine et à la réputation du lieu de résidence sont, eux, robustes et persistants.
Pour All Welcome, ces chiffres soulignent l'urgence de promouvoir des guides déontologiques et des procédures claires pour garantir l'égalité d'accès aux services touristiques. La discrimination, parfois inconsciente, doit être combattue activement pour faire du tourisme un secteur réellement ouvert à toutes et tous.