Une définition : contribuer et piloter

La RSE est la contribution des entreprises à la résolution des préoccupations sociétales, environnementales et économiques. Elle consiste à piloter son activité en créant de la valeur non seulement financière, mais aussi humaine et environnementale. C'est une démarche globale qui couvre tout, de l'éthique des affaires aux conditions de travail, pour assurer un impact positif sur la société.

Deux verbes portent cette définition. Contribuer : l'entreprise n'est pas spectatrice des problèmes de son temps, elle en est partie prenante, parfois cause, souvent remède possible. Piloter : la responsabilité ne se décrète pas en marge de l'activité, elle s'exerce dans les décisions mêmes qui la conduisent.

La responsabilité sociétale des entreprises n'est donc pas un supplément d'âme. C'est une manière de gouverner.

Trois valeurs, un seul pilotage

La RSE élargit la question que se pose toute entreprise. Il ne s'agit plus seulement de savoir combien elle gagne, mais aussi ce qu'elle produit, et à quel prix pour les autres.

  • La valeur financière reste la condition de la durée : une entreprise qui ne dégage pas de résultat ne peut rien porter, pas même ses engagements.
  • La valeur humaine se mesure dans le sort de ceux qui travaillent pour elle et avec elle : salariés, fournisseurs, clients, communautés où elle s'implante.
  • La valeur environnementale tient à ce qu'elle prélève et rejette, et à ce qu'elle laisse derrière elle.

L'enjeu n'est pas d'additionner ces trois valeurs comme on juxtapose des rubriques. Il est de les arbitrer ensemble, dans les mêmes décisions. Une performance financière obtenue au détriment des deux autres n'est pas une réussite ; c'est une dette reportée.

Une démarche globale

La RSE couvre tout, de l'éthique des affaires aux conditions de travail. Sa force tient à cette étendue : elle refuse de cloisonner ce que l'activité relie.

La norme internationale ISO 26000, référence courante en la matière, en organise le champ autour de sept questions centrales :

Question centrale

Ce qu'elle interroge

Gouvernance de l'organisation

Comment les décisions sont prises, et qui en répond

Droits de l'homme

Le respect des personnes dans toute la chaîne d'activité

Relations et conditions de travail

L'emploi, la santé, la sécurité, le dialogue social

Environnement

Les ressources consommées, les pollutions, le climat

Loyauté des pratiques

La lutte contre la corruption, la concurrence loyale, les achats responsables

Questions relatives aux consommateurs

L'information honnête, la sécurité des produits, la protection des données

Communautés et développement local

L'ancrage dans les territoires où l'entreprise opère

Ces questions ne se traitent pas une à une. Un fournisseur choisi pour son prix engage à la fois les conditions de travail, l'environnement et la loyauté des pratiques. La démarche est globale parce que les effets le sont.

Ce que la RSE n'est pas

La RSE se définit aussi par ce qu'elle exclut. Trois confusions reviennent souvent.

  • Elle n'est pas de la philanthropie. Le mécénat donne une part de ce qui a été gagné ; la RSE interroge la manière de le gagner.
  • Elle n'est pas de la communication. Un rapport soigné ne vaut pas engagement. Quand le discours devance les actes, la RSE se dégrade en écoblanchiment, et la confiance qu'elle devait créer se retourne contre l'entreprise.
  • Elle n'est pas un service. Confiée à une seule direction, elle reste en marge. Elle n'existe vraiment que lorsqu'elle traverse les achats, les ressources humaines, la production et la stratégie.

Conclusion : de la conformité à la stratégie

On peut aborder la RSE comme une contrainte : des obligations à remplir, des indicateurs à publier, des risques à couvrir. On peut aussi la tenir pour ce qu'elle est d'abord : une question de pilotage.

L'entreprise qui s'y engage vraiment ne se demande plus seulement ce qu'elle rapporte, mais ce qu'elle rend possible. Elle mesure sa réussite à l'aune de ce qu'elle crée et de ce qu'elle épargne. La différence entre les deux approches n'est pas de degré ; elle est de nature. L'une subit la responsabilité, l'autre l'exerce.

En savoir plus